Le Petit Journal

Un vrai succès populaire ?

Yanitza, la Jeanne d’Arc albanaise, 28 mai 1911, lithographie

 

Le Petit Journal Illustré est le supplément du quotidien éponyme. Il parait régulièrement de novembre 1890 à 1914. Bridgeman possède  la quasi intégralité de ces parutions à savoir les originaux reliés jusque dans les années 20. 750 images sont déjà en collection et nos équipes travaillent à l'indexation de l'ensemble des ouvrages.

 
Fondé par Moïse Polydore Millaud, Le Petit Journal parut à Paris de 1863 à 1944. Issu d'une famille de Bordeaux, Moïse Polydore Millaud a débuté dans les affaires et la presse dès la monarchie de Juillet avec des publications financières ou judiciaires. En 1856, il rachète La Presse de Girardin mais son échec lui fait comprendre que cette formule, nouvelle vingt ans plus tôt, est maintenant dépassée et qu’il est temps de la faire évoluer.
Le projet du Petit Journal attire de nombreux lecteurs car il est fort bien conçu pa rapport aux réalités de l’époque : bon marché (5 centimes au lieu de 15 centimes pour les journaux ordinaires), un format facile (43 X 30 cm), accessible sans d'abonnement, il propose un contenu distrayant (fait divers, feuilleton, et chronique), ne traite pas de politique, et est donc dispensé du timbre.

 

Les ventes explosent à chaque publication d’un fait divers extraordinaire. C'est notamment le cas avec l'affaire Troppmann en septembre 1869. Tout Paris se presse à Pantin où l'on vient de découvrir sept cadavres appartenant à une même famille. Autour de la fosse, on a monté une fête foraine. Devant l'émotion suscitée par ce crime, Alphonse Millaud, décide de couvrir abondamment l’information et immédiatement, le pays tout entier se passionne pour l'histoire de cette famille odieusement massacrée. La police arrête un certain Jean-Baptiste Troppmann alors qu'il tentait d'embarquer pour les Amériques avec les papiers et les bijoux de l'infortunée famille. Le tirage du Petit Journal passe de 200 000 exemplaires par jour à 300 000, puis à 500 000. Cette exploitation des faits divers devient alors la stratégie éditoriale du journal sur laquelle beaucoup d'historiens ont porté un jugement sévère. Et justement, dès 1884, paraît chaque semaine le Supplément illustré, dont le tirage atteint 1 million d'exemplaires en 1895.

D'abord apolitique, Le Petit Journal devient en 1936 l'organe du Parti social français (P.S.F.) dont la devise, "Travail - Famille - Patrie" (reprise par la suite, en 1940, par l'Etat français) figure sous le titre du quotidien. Et de grands noms collaborèrent au Petit Journal Albert Londres, René Hachette, Paul-Émile Victor, Daniel-Rops, Roger Vercel ou encore Maxence Van der Meersch.
Replié à Clermont-Ferrand en juin 1940, le Petit Journal y vécut, médiocrement, jusqu'en 1944 où il disparaît complètement ; durant cette période, il reçut chaque mois une subvention du gouvernement de Vichy ; son conseil d'administration était alors présidé par le colonel de La Rocque.
 
Cinquantenaire de la réunion de la Savoie à la France, 18 Septembre 1910, lithographie

 

Les funérailles du roi Edouard VII, 29 mai 1910, lithographie

 

Un duel à coups de manche de fouet, 17 avril 1910, lithographie

 

La reine Victoria d'Angleterre lors d'une promenade a Grasse sur la cote d'Azur premiere page de Le Petit Journal du 11 avril 1891

 

La conquête du Pôle Nord, 19 septembre 1909, lithographie

 

Ferdinand de Lesseps, 16 décembre 1894, gravure en couleurs de Henri Meyer

 

Le traître, dégradation d’Alfred Dreyfus, 13 juin 1895, gravure en couleurs de Henri Meyer

 

La grenouille et le bœuf, 30 décembre 1893, gravure en couleurs

 

Exposition de Chicago, 20 mai 1893, gravure en couleurs de Henri Meyer
Tewfik Pacha, 23 juin 1892, lithographie

 

 


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