Le Carnaval dans tous ses états.

Liés généralement à la fête chrétienne de Mardi gras, les linguistes optent pour l’origine italienne  du nom « carnevale », composé de carn (chair) et levare (lever, enlever, ôter). D'après le calendrier religieux, le carnaval débute à l'Épiphanie (le 6 janvier), date qui marque la fin des fêtes de Noël et s'arrête le mardi gras, veille du début de la période de carême. Cependant les dates varient selon les pays, en Allemagne, le carnaval débute en principe le 11 novembre à 11 h 11 et se termine l'année suivante le Mardi gras. En Grèce, il s'appelle Apokria et se termine le lundi pur.
Traditionnellement, dans le christianisme, le carnaval marque la dernière occasion de célébration des aliments gras avant le début du Carême et ses quarante jours de jeûne qui rappellent le récit biblique des quarante jours que Jésus passa dans le désert. Dans les jours précédant le Carême, il y aurait lieu de consommer tous les aliments et boissons riches en graisse, sucre ou œufs, une tradition à l'origine du carnaval.

Les saturnales des Romains et les fêtes dionysiaques en Grèce sont des précédents historiques du Carnaval, liés aux cycles saisonniers et agricoles. Selon Mircea Eliade, historien des religions: « Toute Nouvelle Année est une reprise du temps à son commencement, c’est-à-dire une répétition de la cosmogonie. Les combats rituels entre deux groupes de figurants, la présence des morts, les saturnales et les orgies, sont autant d'éléments qui dénotent qu’à la fin de l’année et dans l’attente du Nouvel An se répètent les moments mythiques du passage du Chaos à la Cosmogonie ». Egalement : « L'abolition du temps profane écoulé s’effectuait au moyen des rites qui signifiaient une sorte de « fin du monde ». L'extinction des feux, le retour des âmes des morts, la confusion sociale du type des Saturnales, la licence érotique, les orgies, etc. symbolisaient la régression du Cosmos dans le Chaos ».

Les masques prennent les caractéristiques des êtres surnaturels qui sont les démons et les esprits des éléments de la nature, c’est pourquoi la masque a une fonction apotropaïque. À la fin, le temps et l’ordre du cosmos, bouleversés pendant le carnaval, sont reconstitués (nouvelle création, nouvelle cosmogonie) par la cérémonie de la lecture du « testament » et par les « funérailles » du carnaval qui souvent consistent en la brûlure du « Roi Carnaval » représenté par un mannequin ou une poupée de chiffon.

 

The Perfume Seller (huile sur toile) (see also 60625) par Pietro Longhi
The Perfume Seller (huile sur toile) (see also 60625) par Pietro Longhi

 

 

Mardi Gras est fini, le Carnival est mort, gravure, Ecole Française, XIXème siècle
Mardi Gras est fini, le Carnival est mort, gravure, Ecole Française, XIXème siècle

 

 

L’inhumation de la Sardine, Festival du corps du Christ, mercredi des Cendres, 1812-19, huile sur toile, Goya
L’inhumation de la Sardine, Festival du corps du Christ, mercredi des Cendres, 1812-19, huile sur toile, Goya

 

 

Trois personnages masques au Carnaval costumé, crayon et encres sur papier, Guardi
Trois personnages masques au Carnaval costumé, crayon et encres sur papier, Guardi

 

 

La cuisine de Punchinello, huile sur toile, Tiepolo
La cuisine de Punchinello, huile sur toile, Tiepolo

 

 

Procession du roi Punch pendant le Carnaval, gravure, Johann Heinrich Stuermer
Procession du roi Punch pendant le Carnaval, gravure, Johann Heinrich Stuermer

 

 

Danseurs africains, acrylique sur toile, Carol Tatham Smith
Danseurs africains, acrylique sur toile, Carol Tatham Smith

 

 

Masques, huile sur toile, Vittorio Bressanin
Masques, huile sur toile, Vittorio Bressanin

 


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